Triste réalité

Titre : En Guerre
  
Écrit par : François Bégaudeau

Nombre de pages : 304 pages

Mon édition : Verticales

Genre : Contemporain, société


4ème de couverture  :

« À supposer qu’ils habitent la même ville, Louisa Makhloufi et Romain Praisse y resteraient-ils encore cent ans que la probabilité qu’ils se croisent, s’avisent et s’entreprennent resterait à peu près nulle. En sorte que si l’une des 87 caméras de surveillance installées en 2004 par les techniciens d’un prestataire privé de la mairie les voit se croiser, s’aviser, s’entreprendre, ce ne sera qu’à la faveur d’un dérèglement des trajectoires lié à une conjonction hasardeuse de faits nécessaires. » 

Dans une France contemporaine fracturée, François Bégaudeau met en regard violence économique et drame personnel, imaginant une exception romanesque comme pour mieux confirmer les règles implicites de la reproduction sociale.


Ce que j’en pense : 

Par quoi commencer ?

Cela faisait longtemps que je voulais lire cet auteur, qu'il traine dans ma PAL, que je le zieute... Je connais surtout M. Bégaudeau par ses interviews et j'apprécie ses idées et sa verve sans pour autant avoir lu ses livres.
Là, je ne sais pas pourquoi, mon dévolu s'est jeté sur lui par hasard (ce n'était pas du tout prévu). 
Tout d'abord, c'est diablement bien écrit. La plume est, je dirais, finement ciselée, "aux petits oignons". Elle donne le ton, le rythme, sans chichis, sans fantaisie. Je vous invite à lire la 4ème de couverture qui est en réalité le premier paragraphe (on peut dire que c'est un bon incipit), cela vous donnera une idée... 
Ça m'a fait un bien fou de lire de si beaux mots, de si belles phrases, des syntaxes travaillées... C'est riche, érudit et ça fait du bien.
Ensuite, l'histoire, car cela reste un roman, est autrement triste. Ce n'est pas un drame mais c'est triste "de réalité". Ce roman, c'est une chronique sociale et sociétale avant tout. La rencontre de deux mondes, mais pas que. 
Les personnages me sont devenus attachants mais sans sentimentalisme réel. Un peu comme si c’était des potes de loin, de très loin. Louisa, Romain,... ce pourrait être moi, toi, le voisin, lui au magasin, elle qui marche...

Je ne vais pas dire qu'il y a un message d'espoir car il n'y en a pas vraiment ou alors je ne l'ai pas vraiment perçu (mais on pourrait en trouver).
Bref, c'est un roman ancré dans la réalité. Notre réalité. Celle du début du XXIème siècle. 
Aujourd'hui en 2020, ce roman est déjà "passé". La société a déjà évolué, je l'ai bien ressentie. Louisa et Romain aujourd'hui ce serait encore autre chose, une autre histoire (mais sûrement pas plus belle...).
Cette lecture m'a parfois mis le blues mais je dois bien avouer que j'ai dévoré ce roman, comme une addiction (peut-être malsaine) au devenir de ces gens.
Je me suis dit aussi que dans un siècle (ou plus), on pourra lire ce livre comme on lit aujourd'hui un Rougon-Macquart. 

Appréciation globale :
J'aime écouter M. Bégaudeau, maintenant j'aime aussi le lire.

Commentaires

  1. Je ne connaissais pas du tout... Merci pour cette découverte qui a l'air très intéressante.

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    1. De rien, c'est un auteur qui mérite le détour !

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  2. Je n'avais encore jamais entendu parler de cet auteur. En tout cas, le livre est assez tentant à en lire ta chronique.
    Bon après-midi et bon week-end !

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    1. C'est un auteur qui mérite le détour !
      Sa plume est très belle mais ce roman n'est pas des plus heureux (je préviens).
      Bon week-end aussi ;)

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  3. Ta chronique fait envie même si j'ai besoin de plus de légèreté en ce moment. Je garde ce titre dans un coin de ma tête :)

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    1. Effectivement, ce n'est pas très léger comme lecture ! De manière générale, cet auteur n'est pas très léger.

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